HISTORIQUE GENERAL DU BATTODO

 

Durant les temps plus que troublés du Japon féodal, le tranchant d’une lame était souvent tout ce qui séparait un Samuraï de la mort. Un excellent Katana devait pouvoir décoller la tête d’un adversaire sans coup férir ni se briser et il était donc bien logique pour les perfectionnistes guerriers japonais de s’assurer au préalable des qualités et de la résistance en situation de leurs différentes armes blanches. C’est très vraisemblablement l’origine des diverses techniques regroupées à l’époque sous le fameux et, ô combien chargé de sens dans l’imaginaire collectif Nippon, vocable de Taméshigiri. Le Taméshigiri intéressait aussi énormément les nombreux forgerons et artisans spécialisés de l’archipel dans les armes blanches de l’époque qui contrôlaient ainsi « de visu » et dans des conditions proches de la réalité leur travail technique de forge et de polissage-affûtage.

De nos jours, pour le Budoka ou pratiquant sincère d'arts martiaux japonais traditionnels, type Iaïdo, Kendo, Naginatajutsu et Kenjutsu, le collectionneur d'armes japonaises plus particulièrement, le chasseur qui se respecte, en un mot tous les amateurs de sabres et de couteaux divers, hormis peut-être les militaires professionnels pour leurs couteaux de combat et bien entendu, pour leur entraînement, tous les pratiquants de Battodo, les qualités générales intrinsèques et plus particulièrement le tranchant d'une lame ne sont pas ou plus affaire de vie ou de mort !

Il n'en était pas de même, jusqu'à un passé encore récent comme nous l’avons vu ci-dessus, pour les guerriers japonais ou Samuraï qui mettaient quotidiennement en jeu leur vie au travers de leurs sabres ; aucune erreur de choix et surtout de qualité n'était permise. Ainsi que pour les artistes-artisans forgerons qui mettaient leur réputation technique en jeu à chaque sabre forgé sortant de leurs ateliers.

Le sabre traditionnel japonais est très certainement le plus beau sabre jamais forgé au monde. C’est assurément aussi le plus efficace de tous les sabres. 

Chaque sabre était et est encore forgé à l'issue d'une longue période de réflexion et de préparation intense de la part du forgeron et de tous ses assistants : offrandes répétées aux divinités tutélaires de l’autel domestique Shinto de la forge, méditation, ablutions, purifications diverses ou Misogi ; le forgeage d'une lame était et est toujours un acte quasi-religieux...

Symbole de puissance et de noblesse, le sabre japonais, Nihon To ou encore Nippon To dans sa forme actuelle, à savoir lame courbe, un seul tranchant, et une longueur comprise entre soixante et cent centimètres est appelé Katana. Il vient de l’ancien japonais Kataha, qui signifiait un seul tranchant, par opposition au sabre droit et à double tranchant venu du continent chinois et nommé Tsurugi ou encore Ken. 

Il remonte aux environs de l'an 800 ; la tradition nipponne attribue la première lame de ce type à un forgeron quasi mythique nommé Amakuni de la province de Uda dans le Yamato.

Chaque sabre japonais, en fonction de sa taille et de son usage, porte un nom différent (tous les pratiquants de Budo traditionnels japonais connaissent bien le Wakizashi et le Tanto par exemple).

A cette époque reculée, la fabrication encore empirique, le minerai ferrugineux, les différents morceaux de métal, le fer et l’acier utilisés pour forger un sabre japonais étant assez hétérogènes, il était donc obligatoire et indispensable pour le forgeron de tester chaque lame, de plus il y mettait tout son savoir technique et sa réputation personnelle, dont on connaît bien l’importance au pays des Kami (des dieux).

Le premier test "in situ" était la trempe sélective de la lame. Il arrivait que la lame casse lors de cette plus que délicate opération. L'histoire du sabre se terminait là ! Une lame pouvait être trempée une deuxième fois mais cela en dépréciait beaucoup la valeur et surtout la résistance à l’usage, intensif dans ces temps plus que belliqueux.

La lame trempée était alors polie. Juste avant le stade final du polissage-affûtage, le forgeron pouvait la tester lui-même s'il en avait l'habitude et la technique adéquate, ou demander à un Samuraï (souvent l'un de ses commanditaires) de le faire ; c’était en quelque sorte du Battodo avant l’heure. Là, si besoin était, les résultats des tests de coupe ou Taméshi Meï pouvaient être gravés sur la soie du sabre comme nous le verrons plus loin. Mais il faut bien admettre que, même de nos jours, le test d’un nouveau sabre est toujours une loterie... coupera, coupera pas ? cassera, cassera pas ? bonne technique, mauvaise technique ? bon forgeage, mauvais forgeage ? Bien évidemment la « lecture » du sabre au préalable, la vérification de l’affûtage et une technique correcte limitent les paramètres d’échecs mais quand même...    

La coupe d'une ou deux bottes de paille humidifiées de bon diamètre ou de bambous verts voire d’un corps suffisait généralement à s'assurer de la solidité de la lame et de l'efficacité de son polissage-affûtage. A ce stade les sabres, tout juste forgés, n’étaient pas encore montés en Koshiraé (monture complète du Katana) et des Tsuka spécifiques ou Kiri Dsuka ainsi que de fort lourdes Tsuba étaient utilisées pour augmenter considérablement la puissance, la vitesse et par dessus tout l’efficacité des différentes coupes.

Indépendamment du japonais, d'excellents ouvrages de vulgarisation existant maintenant en français et en anglais, nous ne nous étendrons pas plus sur l’historique et tous les différents stades de la réalisation d'un Katana traditionnel forgé à la main au Japon, dans le strict respect des règles de l’art... laissons à chacun sa spécialité. Par contre la lecture de tous ces ouvrages, ainsi que l’observation détaillée et répétée de nombreux Katana (de bonne facture si possible) apprendront à chacun à véritablement « lire » une lame. 

Les longues périodes de troubles continuels du Moyen-âge japonais permettaient aisément aux Samuraï de tester leurs sabres pratiquement tous les jours : guerres incessantes, duels, vengeances passionnées, entraînements extrêmes, voire assassinats purs et simples, ou Tsujigiri, perpétrés sur les classes inférieures (marchands, paysans et parias ou Burakumin).

Ce n'est que durant l'ère relativement calme de Edo (1603-1867), sous le gouvernement éclairé des fameux Shogun Tokugawa, que l'on vit émerger quelques familles qui devinrent spécialisées et célèbres de père en fils dans l'expertise et l'essai des lames de Katana, Wakizashi ou Ko Tatchi, Tanto (poignard), Aïkuchi (perce-armures), Yari (lance), Naginata (fauchard), et autres objets guerriers tranchants issus de la forge traditionnelle japonaise.

Dans ce temps là, les sabres étaient habituellement testés par des spécialistes, dans un lieu spécifique ou Taméshiba, voire encore Dodanba du nom du socle ou monticule de sable, le Dodan, où étaient installés les corps à couper. Les tests s’effectuaient sur de la paille roulée en botte et mouillée longuement ou Makiwara, du bambou encore vert, certains bois et surtout, pour plus de réalisme, sur le corps des condamnés à mort déjà exécutés (en dehors de la caste des guerriers, des femmes, des hommes souffrant de maladies de peau ou encore ayant le dos entièrement tatoué et enfin du clergé, tout ceci afin de conserver intact la pureté originelle du sabre). La coloration de l’acier des lames au contact des chairs, des graisses, des os et du sang humain était même observée par les spécialistes pour définir les qualités intrinsèques d’un sabre... et surtout les propriétés, les qualités ou les défauts de son acier. 

A ce sujet, les testeurs pratiquaient souvent leurs essais vêtus d’un simple pagne traditionnel pour éviter de tacher leurs Kimono avec les très nombreuses éclaboussures de sang ! Des chats et des chiens servaient déjà de cobayes, des plaques de métaux ou encore de vieux et tout simples casques rouillés de Samuraï, fichés sur de solides pieux en bois étaient aussi utilisés. On raconte même que certains condamnés à mort extrêmistes avalaient de gros cailloux pour tenter de casser le sabre des bourreaux lors de leur exécution ! A cette époque, le Taméshigiri et son déroulement était, tout comme les règles qui régissaient l’ensemble de la société, totalement formalisé, ritualisé avec un cérémonial relativement complexe et figé.

L'une des plus célèbres familles d'experts et de testeurs fut sans conteste les Honami (nom qui devint par la suite héréditaire tout comme les Asauémon : Yamada Asauémon Shodaï, Asauémon II, III, IV, etc...). Les Yamano aussi furent fort célèbres, en particulier Yamano Kaémon et Yamano Kanjuro.

Mais la plus fameuse des dynasties, celle des Yamada ou Yamada Ryu, se prolongea sur huit générations jusqu'à la première année de l’ère Meïji (1868). Ils furent aussi  de remarquables spécialistes du polissage. Un des experts du sabre, des tests et de l’expertise les plus anciens fut très certainement Honami Kotoku qui fut au service personnel du grand guerrier et passionné de sabres Toyotomi Hidéyoshi (1537-1598), l’un des trois réunificateurs du Japon avec Oda Nobunaga (1534-1582) et Tokugawa Ieyasu (1543-1616).

Les Asauémon (quelquefois orthographié Asayémon ou encore Asaémon) étaient surnommés « Kubi Kiri Asauémon », ce qui signifie Asauémon le coupeur de têtes ou de cous, par les gens du petit peuple et la valetaille qui ne connaissaient pas toutes les subtilités et la complexe technicité du Taméshigiri. Bien que la tradition japonaise soit plus orale et gestuelle qu'écrite, certaines de ces familles (une douzaine environ semble-t-il) laissèrent des écrits et documents sur la manière d'expertiser et de tester les lames, ce qui est toujours une source précieuse de renseignements et d'études pour les humbles chercheurs des secrets de jadis que nous sommes. Ces écrits techniques, anecdotiques comme philosophiques devraient faire, entre autres, l'objet d’un prochain ouvrage de la série consacré aux véritables racines historiques générales du Battodo et à ces différentes familles de grands spécialistes incontestés du Katana et autres armes blanches traditionnelles japonaises.

L'interdiction du port en public du sabre japonais et donc par extension, de son utilisation à des fins guerrières, ou Haïtorei prononcée par l'Empereur Meïji en 1867 faillit venir à bout de toute cette tradition séculaire qui s'appelait alors le Taméshigiri, ou tests de coupe, comme des autres Budo d’ailleurs. Après un renouveau fortement teinté de nationalisme et d'expansionisme lors des guerres éclairs  Sino-Japonaise (1894-1895), Russo-Japonaise (1904-1905) suivi de l'effondrement final et total du Japon en 1946 à l’issue de la Deuxième Guerre Mondiale, le Taméshigiri faillit bien disparaître à tout jamais dans les oubliettes de l'Histoire. Bien que des Maîtres pratiquaient et enseignaient toujours en cachette, ce malgré l'interdiction des Forces d'Occupation Alliées, (surtout Américaines, le S.C.A.P. en abrégé) avec le célèbre général Douglas MacAthur (1880-1964) à leur tête, le nombre des adeptes diminuait régulièrement et plus que dangereusement.

Ce n'est qu'après la levée de l'interdit de la pratique et le renouveau de la discipline tout au début des années cinquante (comme tous les autres Budo classiques d’ailleurs...) que deux théories virent le jour et s'opposèrent un bref moment.

La première théorie, issue plus d'esthètes, d’artisans et de collectionneurs, assurait que les Katana n'ayant plus d'utilité première (utilisation à des fins guerrières), ils se devaient de rentrer dans les musées du pays en tant qu'objets d'art de l'artisanat traditionnel japonais. C’est ainsi d’ailleurs que certains Katana exceptionnels sont classés comme trésors culturels nationaux, ou Kokuho, et pièces uniques du patrimoine artistique du Japon. Mais on peut être passionné par les sabres japonais sans pour cela les enfermer comme des toiles de Van Gogh dans des coffres et autres vitrines blindées... 

Ils appartiennent à tous et font partie du patrimoine culturel de l’humanité. 

La deuxième théorie, issue d'adeptes passionnés du Budo et de professeurs, dont le mien entre autres, affirmait et affirme encore et toujours que la fonction première du sabre japonais, quelle que soit l'époque, est bien de couper et de piquer. Ces professeurs et ces pratiquants, qui se voulaient et se veulent toujours garants de la pérennité ainsi que de l'orthodoxie du Taméshigiri, réfléchirent comment adapter la pratique de la coupe à notre société moderne actuelle sans en perdre la substantifique moëlle technique et philosophique, comme dans nombre d'autres disciplines qui ne sont plus que des sports, et encore pas toujours martiaux !...

Une tentative de réunion des écoles contemporaines, des différentes écoles ou Ryu Ha rescapées et encore existantes fut tentée, les appellations de l'époque étaient Taméshigiri ou Todo, ou encore Batto Jutsu. Cette réunion déboucha sur la création de la Zen Nihon Battodo Renmeï, Z.N.B.R. en abrégé ou Fédération Japonaise de Coupe de tout le Japon. Le nom de Battodo ou voie de la coupe ayant été entre-temps officialisé et étendu à tout le Japon. Actuellement, de par le monde, c’est devenu  en fait le vocable de référence de notre discipline. Malheureusement, cette Fédération bien qu'officielle et très sérieuse ne cautionnait pratiquement que le style de Battodo issu d'une seule école de sabre, Tomaya Ryu, qui était l'école traditionnelle de l'Infanterie Japonaise, et ne se pratiquait qu'en Tatchi Waza (techniques debout), avec surtout la doctrine à l’époque de : la coupe pour la coupe.     

Ceci étant plus que réducteur de la discipline ! Car le Katana, le Wakizashi et le Tanto devraient et doivent s’utiliser aussi bien debout en Tatchi Waza, à genoux en Seïza comme accroupi en Taté Hiza (plus exactement en partant de ces deux positions), tout comme en dégainant et en déplacement.

Heureusement les choses évoluèrent positivement. C'est ainsi qu'il y a quelques années de cela, la Nihon Battodo So Renmeï, N.B.S.R., vit le jour. Elle prit la place de l'ancien groupe et signifie : Fédération Japonaise de tous les Styles de Coupe. L'un de ses principaux buts administratifs était de regrouper harmonieusement le maximum de styles, anciens ou plus modernes, petits comme grands. Actuellement, la discipline est gérée, en ce qui nous concerne, le plus sérieusement possible par la Nihon Battodo Renmeï, ou Fédération de Battodo Japonaise, N.B.R. en abrégé qui a remplacé l’ancienne N.B.S.R., dont l’immense majorité des Kata a été pensée, créée et codifiée à l’époque par Kato Shinji Senseï.

Cette Fédération, bien que totalement indépendante, est néanmoins très proche de la Zen Nihon Kendo Dojo Renmeï ou Fédération des Dojo de Kendo de tout le Japon, Z.N.K.D.R. en abrégé, ainsi que de la Zen Nihon Kendo Renmeï ou Fédération Japonaise de Kendo de tout le Japon, en abrégé Z.N.K.R. En effet, beaucoup de ses dirigeants et membres actifs (élèves comme enseignants) pratiquent de concert Battodo à la N.B.R., Iaïdo, Kendo et enfin Jodo au sein de la très puissante et parfaitement structurée Z.N.K.R.

Le Battodo actuel s'inscrivant dans le cursus pédagogique habituel du Budo moderne, le système des grades est donc parfaitement identique au Iaïdo. Par exemple, l'enseignant peut donner dans son propre Dojo privé six grades inférieurs ou Kyu du 6ème au 1er Kyu, puis un examen national et officiel permet d'obtenir les grades supérieurs de Yudansha, ou ceinture noire, du 1er au 10ème Dan, bien que, à l’exemple récent du Japon, certains pays démarrent dorénavant les grades officiels au 1er Kyu.

En parallèle existent trois catégories de professeurs certifiés : Renshi juste après le 6ème Dan, Kyoshi juste après le 7ème Dan et sept ans révolus de Renshi, puis le plus élevé et le plus prestigieux, Hanshi (véritable bâton de maréchal du Budo) juste après le 8ème Dan,  vingt ans de Kyoshi révolus et surtout à la condition d’être toujours en activité dans sa discipline...

Bien entendu, en sus, des âges minimum de présentation aux passages de grades et des temps de passage drastiques existent entre les différents niveaux. A titre d’exemple, dans nos structures, actuellement il faut être âgé de plus de cinquante ans pour présenter le 8ème Dan et être déjà Kyoshi 8ème Dan depuis vingt ans pour présenter le prestigieux degré de professeur Hanshi... 

Ceci est valable pour les seules Fédérations Officielles Japonaises qui sont le plus souvent reconnues aussi d’Utilité Publique, et se comptent pratiquement sur les doigts de la main. Tous ces stricts règlements garantissant également le niveau technique, mental comme moral atteind par les divers récipiendaires.

Donc prudence et attention dans les Budo traditionnels japonais au(x) 10ème(s) Dan âgés d’une petite trentaine d’années... ou alors, génie(s) du Budo en vue, mais cela se saurait depuis déjà longtemps !

Evidemment, dans nombre d’écoles traditionnelles, l’ancien système des Menkyo ou certificats d’enseignement, donnés par le responsable en titre ou Soké voire par le créateur Shodaï Mé ou encore Ié Moto de l’école concernée, perdurent toujours et ce sans aucun autre système de grades ou de distinctions quelconques. Les « sucettes » et colifichets ne sont généralement pas de mise dans le strict cadre des Budo authentiques et traditionnels !

Enfin et bien sûr certains Budoka actuels japonais comme étrangers, plus royalistes que le roi et que moi-même, objecteront que couper (ou seulement essayer de couper pour certains...) des pailles et autres matériaux divers immobiles n’a pas ou plus grand sens de nos jours. Et par-dessus tout ne reflète en rien la dure réalité et le danger mortel inhérent aux combats au sabre réel japonais ou Shinken Shobu. Mais de tous temps, ce fut le moyen idéal de tester et les Katana (pour améliorer et faire progresser les techniques de forgeage) et ses propres techniques de coupe... ainsi que ses progrès, sa stagnation ou pire son recul dans la maîtrise de la voie du sabre japonais.

De plus l’une des nécessités avancées par les Senseï fondateurs de la classification rationnelle du Battodo moderne répond aussi et malheureusement à l’appauvrissement certain ainsi qu’à la transformation pratiquement totale et souvent irréversible d’autres Budo traditionnels japonais parallèles qui avaient pour vocation première, dans un passé encore récent, de parvenir à maîtriser parfaitement l’utilisation complète du sabre japonais et de ce fait toutes les techniques possibles de taille et d’estoc à l’aide du Katana et des armes blanches nipponnes corollaires !

L’abandon progressif de la pratique systématique des Kata est aussi en grande partie à l’origine de la perte de repères et de l’efficacité d’un nombre important de Budo traditionnels japonais (encore ? arts martiaux...) actuels.

Mais peut-être que les jeunes générations ont raison et que je suis un vieux passéiste, nostalgique du Moyen-Age Nippon...

Il faut aussi reconnaître que le Battodo, son importance historique comme quantitative et son développement furent également longtemps occultés par nombre de Budoka « sportifs » ce même au Japon. De plus la nature particulière et la connotation ultra-guerrière, au premier abord, de la discipline ne facilitèrent pas les choses. Bien que la pratique du Battodo à deux, sous forme de Kata Geïko, soit aussi une véritable et très efficace école de Ken Jutsu où nul ne peut tricher.

En conclusion couper correctement en soi n’est pas si difficile, la preuve j’y arrive bien, et la pratique quotidienne et sincère d’autres Budo traditionnels parallèles au Battodo devrait également pouvoir le permettre ce qui n’est plus malheureusement le cas pour l’immense majorité des pratiquants qui sont pourtant persuadés qu’ils coupent !

A notre immense regret, combien de fois avec les autres enseignants de Battodo de l’école en Europe, avons nous malheureusement vu des 3 et 4èmes Dan de Iaïdo incapables de couper une simple natte de paille roulée... et qui pourtant se prennent pour de petits  Miyamoto Musashi en puissance !